Je n'étais pas encore au courant de leur existence que déjà ils se propageaient dans l'ombre. J'aurais pu les voir, j'aurais dû les voir, mais leur furtivité était sans faille. Ils en profitaient pour s'immiscer là où on ne les chercherait pas, là où ils seraient plus efficaces, tapis dans la pénombre, attendant leur heure, assurant jour après jour leur position pour l'assaut final.
Et puis, ils surgirent. Par vagues, par milliers. Sûrs de leur avance, de leur supériorité numérique, de leur capacité à se démultiplier sans limite. Ils n'épargnaient personne, leur chemin était pavé de victimes tombées aux mains de l'ennemi. Déjà les moyens de communication étaient convertis, on ne pouvait plus les utiliser sans risque. On en retrouvait toujours un ici ou là, attendant patiemment que vous trouviez sa cache pour vous bondir au visage.

La situation était critique. La presse leur était maintenant fidèle. Les fascicules de propagande innondaient les gares, et le nombre de victimes ne cessait d'augmenter ...
C'est alors qu'il décidèrent de porter un coup fatal. J'avais jusque là réussi à les esquiver, à les contourner, à faire en sorte qu'ils ne me remarquent pas. J'évitais avec soin toute zone contaminée, fuiais les convertis comme la peste, et résistais tant bien que mal aux attaques e-mail de mes collègues vendus au Malin. Cependant leur dernier coup me toucha de plein fouet, et je ne pus contrecarrer leur diabolique plan de conquête numérique.

Je n'ai plus beaucoup de force maintenant. Ils sont à ma porte, je peux sentir leur présence malgré le silence total. Non, ils passent à l'offensive ! Je ne peux pas les contenir ! Ils vont m'avoir ! Non, plutôt mourir ! Arggghhhh ....