La chute
Par Jashugan, lundi 3 mars 2008 à 16:29 :: Prose - Délire :: #716 :: rss
Estourbi et désorienté, il en est au stade où seul un grand effort de concentration lui permet de d'appréhender le fait qu'il est passé bien près du grand plongeon, comme bien des congénères avant lui. De l'autre coté, des étrangers rigolent de ses mésaventures. Plus que rigoler, ils se moquent. Il ne peut comprendre leur dialecte, mais le langage du corps trahit toujours des signes qui ne peuvent mentir.
La honte pourrait lui étreindre l'esprit, lui fausser le jugement, et l'entrainer vers le faux pas qui serait alors fatal. Mais il ne s'en soucie guère. A dire vrai, il agit comme si ce genre de sentiment lui était inconnu.
Remis de ses émotions, et convalescent de ses commotions, il reprend son activité comme s'il ne l'avait jamais interrompue, de tout son naturel, de tout son atavisme. Il y est d'ailleurs contraint, car là où il se trouve le repos est synonyme de mort.
Bien loin de ces préoccupations fondamentales de survie, les allochtones railleurs continuent de s'esbaudir, se rappelant la situation dont ils ont été témoins, hermétiques aux difficultés qu'aura pu provoquer l'accident sur sa principale victime.
Ils causent, ils causent, et s'esclaffent. Quand un nouvel arrivant se présente, les rumeurs partent de plus belle. Si notre ami était encore à portée d'écoute, et pouvait par miracle les comprendre, il entendrait alors :
- Eh Robert, t'as raté ça ! Y'a un pigeon qui vient de se prendre la vitre en pleine face. Sont complètement débiles ces piafs, c'est pas croyable à ce point là !
Ange à la robe acier, mon ami le pigeon,
Y'a pas à sourciller, t'es vraiment vraiment con.
Commentaires
1. Le mardi 4 mars 2008 à 09:29, par bank
2. Le vendredi 5 décembre 2008 à 14:54, par Salagir
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