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mardi 11 novembre 2003

Ichi The Killer

Cette fois encore, on parle de film. Mais pas de la journée qui l'entoure, vu que de toute façon je l'ai regardé le même jour que Matrix ("ouf" dirons certains, non, je ne suis pas cruel à ce point ^^).

Donc pour en revenir à nos futurs gigots, la bobine.
Ichi The Killer est un film de Takashi Miike, de 2001, avec Tadanobu Asano, Alien Sun, Nao Omori, etc ... Vous aurez compris, je le pense, que c'est un film japonais. Il s'agit d'un film violent, très violent même, et pas seulement que physiquement. Preuve en est le site, avec la mention "interdit aux moins de 18 ans".
Petit résumé de l'histoire (sans trop de spoiler) : Tout commence à Shinjuku, le quartier chaud de Tokyo, avec l'assassinat d'un chef yakuza (la mafia japonaise) dans son appartement, d'une manière assez horrible. Deux hommes s'infiltrent dans l'appartement pour nettoyer celui-ci, plein de sang et de trippes (à croire qu'un humain normalement constitué possède plus d'intestins qu'un bovidé de taille respectable). Le "travail" a apparement été effectué par Ichi ("un" en japonais), un tueur très doué qui ne fait pas dans la dentelle. Suite à la disparition de son chef (la chambre ayant été nettoyée, il ne reste plus aucune trace), son second, Kakihara, le recherche dans toute la ville. Il torture un autre chef, se coupe la langue au sabre, non sans un certain plaisir, une fois que ce dernier a été reconnu innocent, et continue à chercher. Pendant ce temps nous faisons connaissance avec Ichi, un garçon complètement coincé, à la limite de l'autisme. Il parait normal comme ça, mais une fois son costume enfilé, c'est une autre histoire. Ce costume est en fait une pseudo-tenue de plongée, avec des protections de skate d'où sortent des lames de rasoir. Il est capable de découper n'importe quoi par pur réflexe, et c'est d'ailleurs ce qu'il fait, tout en pleurnichant comme un morveux à chaque fois. Ichi est un traumatisé : ayant assisté au lycée au viol d'une de ses camarades, il s'en veut de ne pas l'avoir aidée, et pire, d'avoir voulu lui aussi la violer.
Kakihara est un masochiste pur et dur, et ça se voit. C'est d'ailleurs la raison qui le pousse à chercher aussi ardement son chef : il savait comment le battre de façon hargneuse. Il torture ses ennemis de façon ignoble, et à force d'aveux, apprend l'identité de celui qui a tué son chef : Ichi.
S'en suivent diverses scènes de tortures, de bras arrachés, d'aiguilles plantées, de viols, de corps découpés à la lame de talon (les chaussures de Ichi sont un peu ... spéciales), et autres boucheries sans nom jusqu'à la fin du film.

Que penser de ce film ? La première idée qui m'est venue à l'esprit est "répugnant". Ce n'est pas tant la débauche de trippes plus importante que dans un abbatoir, ni les tortures diverses de plus en plus sadiques et perverses qui m'ont amenés à cette pensée que la violence psychique qui se dégage du film. Il n'y a pas un seul personnage principal dans le film qui n'ait pas une âme de psychopathe pervers ... Ca tue, ça estropie, ça pleurniche en coulant du nez, et puis ça se nettoie et on reprend la vie quotidienne. Les yakuza se promènent comme si de rien n'était dans la rue, en laissant de temps à autres quelques cadavres pour décorer, ça flingue à tout va dans des escaliers d'immeubles sans que personne ne bronche ou n'appelle la police, bref, le mal est là, ancré, et cela semble normal à tout le monde ! Mais quel genre de personnes habitent une ville pareille ? La loi du plus fort, la perversité à l'état pur, des cadavres qui débordent de partout, et ... rien. Au final, ce qui en ressort est une impression d'atmosphère malsaine oppressante, et qui met extrêmement mal à l'aise.

Ensuite, les deux personnages principaux. D'un coté, Ichi est un tueur malgré lui, qui se fait monter la tête par son mentor, et est persuadé de tuer des "méchants comme ceux qui l'ont maltraité quand il était enfant". Il découpe tout ce qui passe quand il ne sait pas comment réagir : corps, artères, jambes, etc... Ca en devient fatiguant, et tellement prévisible. Et ses pleurnicheries incessantes ne sont pas là pour relever le niveau.
Kakihara, lui, est un masochiste couvert de cicatrices, dont deux aux joues, apparement pour lui permettre d'ouvrir la bouche en grand (très grand ...). Il recherche avant tout à se faire mal et à faire mal aux autres. Il représente le cas typique de psychopathe totalement dérangé, mais pas pour autant idiot. Nous nous retrouvons donc en face du cas typique du méchant très très méchant contre le gentil très très gentil (même si complètement syphoné), sans aucune véritable histoire, et autant d'intérêt qu'un match de curling pour manchots.

En résumé : ce film est une bonne grosse daube, faite pour les sado-masos qui aiment se foueter avec des clous et voir la vie comme une suite d'actions perverses et totalement contre nature. La phrase d'accroche du film, "explore your fear", pourrait en fait être interpretée en "explore the director's mad mind". A éviter.

jeudi 6 novembre 2003

Matrix le gaulois

On va beaucoup en parler, en mal comme en bien, et une fois n'est pas coutume j'ai décidé de faire comme les autres. Aujourd'hui, mercredi 6 novembre 2003, sortie de Matrix Revolutions, le troisième et dernier opus de la trilogie Matrix, à la fois adulée et décriée, mais ne laissant pas grand monde indifférent.
Ce midi, achat des billets par un ami, pas de problème apparent, tout baigne.
Cet après-midi, 17h30, je me décide à partir de chez moi pour arriver à l'heure au rendez-vous devant le Grand Ecran Italie, une heure plus tard. Metro habituel, le train train quotidien comme on pourrait l'appeler, et là, comme pour ne pas changer une formule qui a fait ses preuves, c'est le drame. Enfin non, ne paniquez pas tout de suite, ça se passe plus tard. Au changement entre la ligne 1 et la ligne 7 je croise une amie qui se dirige à peu près dans la même direction que moi. Sympa. Station suivante, le train reste à quai un certain temps. Puis encore, un certain temps, suivi d'un temps certain. Le signal annonçant une catastrophe imminente se fait entendre : le bruit d'un micro décroché par le conducteur. "Ce train ne prend plus de passagers, veuillez descendre et emprunter les correspondances", argh ! Bon, il faut bien s'y faire, on ne va pas pouvoir le forcer à redémarrer (on n'a toujours pas trouvé le bouton reset ...), alors nous descendons, fiers lemmings parmi nos pairs. Sur le quai, nous croisons encore deux autres amis, qui avaient décidé de perdre un peu de leur temps à trainer dans une foule mécontente sur un quai bondé. Forts de notre communauté sans anneau, nous décidons de prendre les correspond.... ehh, c'est pas drole ! Ce c** nous a laché à une station sans AUCUNE correspondance (Pont Neuf pour les connaisseurs), il va falloir sortir et marcher. Soit, nous atteignons Chatelet après une balade nocturne sur les quais de Seine, et nous empruntons la ligne 14 puis la 6 pour arriver à Place d'Italie, qui comme son nom l'indique est située dans le 13ème, devant l'objectif du voyage : le cinéma.

Premier problème (enfin, premier du nouveau chapitre) : une des personnes dont nous avons pris la place ne pourra pas venir, car coincé dans les embouteillages. Après une tournée des connaissances, il s'avère que personne ne peut venir prendre cette place laissée libre, 7 euros à la poubelle.
Deuxième problème : le groupe, devant être constitué de moult amis et connaissances, se résume finalement à ... deux personnes, moi compris. L'autre personne qui est venu, celle qui avait pris les billets auparavant, est d'une humeur execrable suite à une journée de merde. C'est la fête, youpiii.
19h15, entrée dans la salle. Ah, en fait non, ils ont juste décidé de nous parquer dans une salle étriquée histoire de nous faire fermenter un peu avant la séance.
19h20, entrée effective dans la salle. Les moutons de panurges que sont les personnes de la foule se poussent les uns les autres en insultant leur prochain. C'est beau l'esprit d'équipe, une équipe, un esprit ...
Puis, le film. Là, je dois le dire, c'est le moment agréable de la soirée. S'il n'est pas le chef d'oeuvre qu'on aimerait voir, il en reste tout de même très sympathique, bien plus que le Rechargé. Ils ont aussi pensé à remettre Don Davis à la place des technoparadeurs pour la bande son, merci pour nos oreilles ^^.
Cependant, tout ne peut pas se passer pour le mieux avec une journée pareille, Murphy veille au grain. La salle est remplie de boulets. Oui, ceux là même décrits dans le précédent post. Ils sont de bon calibre. Parmi eux, le "conus cretinus", toujours prêt à rire quand il ne le faut pas, à faire les commentaires les plus idiots sur des scènes poignantes, et bien entendu placé juste à coté de nous ... A noter aussi une certaine contamination de la salle, dont la moitié a ri lors d'une scène censée être tragique ("il a sali mon costume").

Au diner, pas de problème. Toujours un certain froid d? à une certaine humeur, mais pas grave. Rentrage à l'école, où je trouve quelqu'un qui me propose de me ramener en voiture, je ne dis pas non. Périphérique fermé, obligé de passer par plein de petite rues, perdu 3/4h. Au point où on en est, ce n'est pas vraiment grave ^^.

Eh bien, vous me croirez ou non, mais j'ai passé une bonne journée. Car à la différence de d'habitude, je n'ai été à aucun moment en retard, je n'avais aucune obligation à respecter, et ce n'a donc été qu'une suite de petits contre-temps juste bons à alimenter un blog ^^. "A double-hobbit's tale, by Jasho Baggins".
Murphy, il ne passera pas par moi.