Cette fois encore, on parle de film. Mais pas de la journée qui l'entoure, vu que de toute façon je l'ai regardé le même jour que Matrix ("ouf" dirons certains, non, je ne suis pas cruel à ce point ^^).
Donc pour en revenir à nos futurs gigots, la bobine.
Ichi The Killer est un film de Takashi Miike, de 2001, avec Tadanobu Asano, Alien Sun, Nao Omori, etc ... Vous aurez compris, je le pense, que c'est un film japonais. Il s'agit d'un film violent, très violent même, et pas seulement que physiquement. Preuve en est le site, avec la mention "interdit aux moins de 18 ans".
Petit résumé de l'histoire (sans trop de spoiler) : Tout commence à Shinjuku, le quartier chaud de Tokyo, avec l'assassinat d'un chef yakuza (la mafia japonaise) dans son appartement, d'une manière assez horrible. Deux hommes s'infiltrent dans l'appartement pour nettoyer celui-ci, plein de sang et de trippes (à croire qu'un humain normalement constitué possède plus d'intestins qu'un bovidé de taille respectable). Le "travail" a apparement été effectué par Ichi ("un" en japonais), un tueur très doué qui ne fait pas dans la dentelle. Suite à la disparition de son chef (la chambre ayant été nettoyée, il ne reste plus aucune trace), son second, Kakihara, le recherche dans toute la ville. Il torture un autre chef, se coupe la langue au sabre, non sans un certain plaisir, une fois que ce dernier a été reconnu innocent, et continue à chercher. Pendant ce temps nous faisons connaissance avec Ichi, un garçon complètement coincé, à la limite de l'autisme. Il parait normal comme ça, mais une fois son costume enfilé, c'est une autre histoire. Ce costume est en fait une pseudo-tenue de plongée, avec des protections de skate d'où sortent des lames de rasoir. Il est capable de découper n'importe quoi par pur réflexe, et c'est d'ailleurs ce qu'il fait, tout en pleurnichant comme un morveux à chaque fois. Ichi est un traumatisé : ayant assisté au lycée au viol d'une de ses camarades, il s'en veut de ne pas l'avoir aidée, et pire, d'avoir voulu lui aussi la violer.
Kakihara est un masochiste pur et dur, et ça se voit. C'est d'ailleurs la raison qui le pousse à chercher aussi ardement son chef : il savait comment le battre de façon hargneuse. Il torture ses ennemis de façon ignoble, et à force d'aveux, apprend l'identité de celui qui a tué son chef : Ichi.
S'en suivent diverses scènes de tortures, de bras arrachés, d'aiguilles plantées, de viols, de corps découpés à la lame de talon (les chaussures de Ichi sont un peu ... spéciales), et autres boucheries sans nom jusqu'à la fin du film.
Que penser de ce film ? La première idée qui m'est venue à l'esprit est "répugnant". Ce n'est pas tant la débauche de trippes plus importante que dans un abbatoir, ni les tortures diverses de plus en plus sadiques et perverses qui m'ont amenés à cette pensée que la violence psychique qui se dégage du film. Il n'y a pas un seul personnage principal dans le film qui n'ait pas une âme de psychopathe pervers ... Ca tue, ça estropie, ça pleurniche en coulant du nez, et puis ça se nettoie et on reprend la vie quotidienne. Les yakuza se promènent comme si de rien n'était dans la rue, en laissant de temps à autres quelques cadavres pour décorer, ça flingue à tout va dans des escaliers d'immeubles sans que personne ne bronche ou n'appelle la police, bref, le mal est là, ancré, et cela semble normal à tout le monde ! Mais quel genre de personnes habitent une ville pareille ? La loi du plus fort, la perversité à l'état pur, des cadavres qui débordent de partout, et ... rien. Au final, ce qui en ressort est une impression d'atmosphère malsaine oppressante, et qui met extrêmement mal à l'aise.
Ensuite, les deux personnages principaux. D'un coté, Ichi est un tueur malgré lui, qui se fait monter la tête par son mentor, et est persuadé de tuer des "méchants comme ceux qui l'ont maltraité quand il était enfant". Il découpe tout ce qui passe quand il ne sait pas comment réagir : corps, artères, jambes, etc... Ca en devient fatiguant, et tellement prévisible. Et ses pleurnicheries incessantes ne sont pas là pour relever le niveau.
Kakihara, lui, est un masochiste couvert de cicatrices, dont deux aux joues, apparement pour lui permettre d'ouvrir la bouche en grand (très grand ...). Il recherche avant tout à se faire mal et à faire mal aux autres. Il représente le cas typique de psychopathe totalement dérangé, mais pas pour autant idiot. Nous nous retrouvons donc en face du cas typique du méchant très très méchant contre le gentil très très gentil (même si complètement syphoné), sans aucune véritable histoire, et autant d'intérêt qu'un match de curling pour manchots.
En résumé : ce film est une bonne grosse daube, faite pour les sado-masos qui aiment se foueter avec des clous et voir la vie comme une suite d'actions perverses et totalement contre nature. La phrase d'accroche du film, "explore your fear", pourrait en fait être interpretée en "explore the director's mad mind". A éviter.